Architecture et urbanisme

Bab Lakbir(Oudaïa) sanae:390029

Bab Lakbir(Oudaïa)

Ancien numéro d'inventaire : 39/0029

La porte dite Bab Lakbir est l’une des joyaux de l’architecture des Almohades. Accolée à la partie extérieure de l’enceinte, elle s’ouvre sur la place de l’ancien souk Laghzel .
Cet ensemble imposant long de 38,60 m, large de 16 m et haut de 13 m est flanqué de deux saillants. L’entrée principale est une porte à coude simple composée de trois salles qui se succèdent en enfilade. Elle s’ouvre par un arc en plein cintre légèrement brisé et outrepassé, dont la clé culmine à 7,08 m du sol.
L’arc donne accès à un petit vestibule rectangulaire (5,92/3,03m). Un second arc qui lui est semblable permet d’accéder à la première salle surmontée d’une coupole sur trompes de 7,48 de profondeur, et de 7,12m de largeur.
Trois marches permettent de passer à une deuxième salle profonde de 7,51m et large de 7,53 m et couverte d’une coupole sur pendentifs. Un petit vestibule donne accès à l’intérieur de la Kasbah par une baie en fer à cheval brisé et outrepassée dont les proportions différent légèrement de la première. Cinq marches permettent enfin d’atteindre la troisième salle couverte d’une voûte transversale en berceau.
A l’angle ouest de la salle un petit passage voûté donne accès à l’escalier qui mène à la terrasse et à l’étage. Ce dernier dont la plus grande partie est occupé par l’extrados des voûtes et des coupoles, est aménagé en couloirs qui communiquent seulement du côté nord avec le chemin de ronde.
Les murs, d'épaisseur variable, sont généralement hourdés de moellons dégrossis, tandis que les chaînages d’angles et la façade qui donne sur la place sont appareillés en pierre de taille. Le décor des deux portes monumentales en fait un chef d’œuvre de l’art hispano-mauresque. C’est un décor sculpté sur pierre, riche et varié, basé essentiellement sur l’élément géométrique et floral et où l’on trouve tous les éléments traditionnels: consoles, chapiteaux, frises et entrelacs géométriques. Les lignes sont simples et soulignent les frises et les bandeaux, tandis que les motifs floraux témoignent d’une grande richesse de formes et de combinaisons. On y trouve tous les éléments classiques du décor almohade. Les écoinçons sont timbrés au centre d’une palmette creusée en coquille, et garnis d’un décor floral composé de tiges et de palmes lisses simples et doubles. Un bandeau épigraphique en écriture coufique encadre un entrelacs architectural. Le tout est coiffé d’une frise d’arcatures aveugles bordée de consoles richement décorées.
L’examen de la fonction de cette porte montre qu’elle ne constituait pas un ouvrage défensif. Certains auteurs y voient la porte du palais d’Abdelmoumen dont les spacieuses salles servaient de tribunal et pour la réception.


Dahir du 10-04-1944(16 Rebia II 1363)
B.O.N° 1651 du 16- 6-1944 p. 374.

Illustrations

Chronologie

Datation par intervalle de dates : Entre : 1184
Et : 1199
Source de datation : Source historique
Commentaire libre : Autrefois appelée Bab al-Qasr, Porte du palais, elle est l’oeuvre du Sultan Yaâqoub El Mansour (1184-1199)

Personnes et organismes associés

Personne ou organisme associé : Sultan Yaâqoub El Mansour la construction de l'édifice maître d'œuvre

Matériaux et techniques de construction

Matériaux du gros oeuvre : moellon
Techniques du gros oeuvre : maçonnerie de moellon non dégrossi, chaînage d'angle
Type de couverture : voûte en berceau
Matériaux et techniques de revêtement du mur : pierre

Notice historique et descriptive

Historique :

Bab Lakbir, la grande porte, est l’un des joyaux de l’architecture militaire des Almohades non seulement à Rabat mais dans l’ensemble du Maroc. Autrefois appelée Bab al-Qasr, Porte du palais, elle est l’oeuvre du Sultan Yaâqoub El Mansour (1184-1199).

Description :

La porte dite Bab Lakbir est l’une des joyaux de l’architecture des Almohades. Accolée à la partie extérieure de l’enceinte, elle s’ouvre sur la place de l’ancien souk Laghzel .
Cet ensemble imposant long de 38,60 m, large de 16 m et haut de 13 m est flanqué de deux saillants. L’entrée principale est une porte à coude simple composée de trois salles qui se succèdent en enfilade. Elle s’ouvre par un arc en plein cintre légèrement brisé et outrepassé, dont la clé culmine à 7,08 m du sol.
L’arc donne accès à un petit vestibule rectangulaire (5,92/3,03m). Un second arc qui lui est semblable permet d’accéder à la première salle surmontée d’une coupole sur trompes de 7,48 de profondeur, et de 7,12m de largeur.
Trois marches permettent de passer à une deuxième salle profonde de 7,51m et large de 7,53 m et couverte d’une coupole sur pendentifs. Un petit vestibule donne accès à l’intérieur de la Kasbah par une baie en fer à cheval brisé et outrepassée dont les proportions différent légèrement de la première. Cinq marches permettent enfin d’atteindre la troisième salle couverte d’une voûte transversale en berceau.
A l’angle ouest de la salle un petit passage voûté donne accès à l’escalier qui mène à la terrasse et à l’étage. Ce dernier dont la plus grande partie est occupé par l’extrados des voûtes et des coupoles, est aménagé en couloirs qui communiquent seulement du côté nord avec le chemin de ronde.
Les murs, d'épaisseur variable, sont généralement hourdés de moellons dégrossis, tandis que les chaînages d’angles et la façade qui donne sur la place sont appareillés en pierre de taille. Le décor des deux portes monumentales en fait un chef d’œuvre de l’art hispano-mauresque. C’est un décor sculpté sur pierre, riche et varié, basé essentiellement sur l’élément géométrique et floral et où l’on trouve tous les éléments traditionnels: consoles, chapiteaux, frises et entrelacs géométriques. Les lignes sont simples et soulignent les frises et les bandeaux, tandis que les motifs floraux témoignent d’une grande richesse de formes et de combinaisons. On y trouve tous les éléments classiques du décor almohade. Les écoinçons sont timbrés au centre d’une palmette creusée en coquille, et garnis d’un décor floral composé de tiges et de palmes lisses simples et doubles. Un bandeau épigraphique en écriture coufique encadre un entrelacs architectural. Le tout est coiffé d’une frise d’arcatures aveugles bordée de consoles richement décorées.
L’examen de la fonction de cette porte montre qu’elle ne constituait pas un ouvrage défensif. Certains auteurs y voient la porte du palais d’Abdelmoumen dont les spacieuses salles servaient de tribunal et pour la réception.


Dahir du 10-04-1944(16 Rebia II 1363)
B.O.N° 1651 du 16- 6-1944 p. 374.

Intérêt de l'œuvre : historique et architectural

Protection / Statut juridique

Type de protection : classé
Référence du text de protection : dahir /B.O.N° 1651 p. 374
Date de protection : dahir du 10-04-1944 (16 Rebia II 1363)/ B.O.N° du 16-06-1944