Patrimoine immatériel

Taskiwin, danse martiale du Haut-Atlas occidental idpcm:1CCAE

Danse de Taskiwin

Communauté concernée : Communautés du Haut-Atlas

C’est une forme particulière de danse répandue dans le Haut-Atlas Occidental. Elle est pratiquée par toutes les tribus de cette aire géographique de l'Atlas marocain. La danse Taskiwine tire son nom de la corne à poudre richement décorée que porte chaque danseur fixée sur l'épaule gauche, Tiskt (pluriel : Taskiwin ). La danse de Taskiwin nécessite la participation d’une vingtaine d’hommes. La danse évolue sous forme d'une présentation théâtrale; chaque acte de la danse restitue un épisode guerrier que ce soit par les gestes ou par les rythmes adoptés. C'est le flûtier qui commende le passage d'un rythme à l'autre et d'un acte à l'autre sous les directives orchestrales du raïs, le maestro de la danse. C'est une danse essentiellement masculine mais qui comporte parfois, à la fin de la danse, des moments plus détendus où les jeunes filles non encore mariées interviennent pour participer à la danse et aux chants. A ce stade, la danse abandonne l'aspect guerrier pour permettre aux danseurs et aux danseuses de s'exprimer d'une manière joyeuse et non restrictive. La prose devient alors un vecteur d'échange entre les danseurs. Elle évoquerait par ses rythmes, ses gestes martiaux et ses sons les principes d'héroïsme, de force, de courage, l'épopée de cavalerie et de bravoure. Elle relate également les différents épisodes d'une guerre d'une manière harmonieuse en insinuant des actes d'anticipation, de prises des positions, d'assaut, de retrait, de victoire, etc. Les noms de plusieurs actes de la danse se rapportent, en effet, au domaine de la guerre héroïque. La danse de Taskiwin reflète en outre l'importance accordée à la cohésion de la tribu. Son rythme cadencé rappelle la mise en exergue des valeurs de renoncement à soi-même au profit de la continuité du groupe.

Taskiwine, est l'art de faire vibrer les épaules sous le rythme des tambourins. Les hommes portent leurs cornes à poudre, les bandoulières rouges et évoluent sous les pas cadencés. Elle est caractérisée par la prégnance du mouvement et de frénésie.

Illustrations

Chronologie

Commentaire libre : Les origines historiques de la danse de Taskiwin ne sont pas clairement identifiées. Les chroniqueurs relatent à ce propos diverses hypothèses la font parfois remonter à l'époque almoravide (Xème siècle), mais ces hypothèses s'accordent toutes à faire de cette danse ancestrale une expression chorégraphique complètement martiale et guerrière. L'histoire de la région corrobore en effet, cette explication car elle rapporte des épisodes interminables de confrontations entre les tribus de la région et entre celles-ci et les incursions venant de loin. Les communautés du Haut-Atlas occidental ont su traduire ces moments belliqueux à travers des expressions artistiques, aujourd'hui d'une grande valeur patrimoniale.

Caractéristiques de l'élément

Éléments matériels associés : Costume: Les danseurs portent des vêtements particuliers : des robes blanches (Foukia), un turban blanc, une ceinture brodée, des babouches, une bandoulière rouge et un poignard enfoui dans un fourneau. Un manteau spécifique (bernus) est porté par chaque danseur au moment de l'entrée de la troupe à l'espace réservé à la danse (Assays). Un membre de la famille de chaque danseur intervient alors pour récupérer le bernus. Tiskt: Corne en Tamazight, car, à l'origine c'était effectivement une corne d'un animal sacrifié portée sur l'épaule hauche au cours de la danse. Selon les chroniqueurs de la danse, Tiskt servait comme poudrière. Aujourd'hui, elle est façonnée à partir du bois et revêtue et décorée de métal à la guise de l'utilisateur. Elle prend la forme d'un croissant ou d'un arc dont l'une de ses extrémités est plus large que la seconde. les essences utilisées pour sa fabrication sont essentiellement le noyer et le grenadier caractérisés par leur dureté et leur légèreté de poids. Assousdi (Fils de laine): Tiskt est ensuite recouverte par un grand nombre de fils en laine (entre 50 et 60 fils) peints en rouge. Les fils se prolongent en bas dont certains se terminent par une boule en métal dite Tasmammayt contenant à l'intérieur un petit noyau dur également métallique provoquant un son caractéristiques quand les danseurs font bouger leurs épaules. Instruments de musique: La danse de Taskiwine requiert deux ou trois tambours sur cadre, des tallunt et des flûtes, tal’wwadt . Chacun des danseurs tient un petit tambourin en forme de gobelet, agwal. Cette danse généralement masculine accompagnée de flûtes et de tambours, a une connotation guerrière. Assays: l'espace réservé pour l'organisation de la danse quasi systématiquement pendant la nuit. cet espace est ainsi imprégné d'une certaine sacralité le temps d'une nuit. On n'y accède que sous le contrôle et l'aval du raiss. L'entrée de la troupe à Assays suit un rituel précis orchestré par le raïs de la troupe. Le rythme joué par la troupe à ce moment précis reflète le son de la cavalerie.
Éléments immatériels associés : Le déroulement de la danse s'effectue selon un processus bien plus rigoureux et comporte plusieurs scènes ou actes. Elle est dirigée d'une manière professionnelle par un chef (raïs ou Aallam), grand connaisseur des secrets de la danse. Le respect des règles, des gestes, des paroles, des mouvements rythmés, des déplacements dans l'Assays (espace de la danse) est une obligation et un savoir-faire qui s'apprend au fils du temps. L'on dit en effet, que " Ahwach saht ayga, urigui lhdart" (La danse c'est un acte sérieux, ce n'est pas un jeu). La danse de Taskiwin incarne des implications sociales bien plus bénéfiques pour la communauté. Elle participe en effet d'une grande cohésion sociale entre les membres de la communauté, à l'intérieur d'une fraction ou d'une tribu, ou encore entre les différentes tribus de la région. Elle consolide la communion au sein de la communauté au travers de la participation à une chorégraphie interprétée d'une manière extrêmement harmonieuse. L'organisation d'une cérémonie sociale par des danses taskiwin est le plus souvent accompagnée de projets d'alliances matrimoniales car elle favorise la participation des jeunes de la communauté et déclenche des élans multiples se terminant, sous la complicité des grands, par des projets de mariages. La danse de Taskiwin est également le moment propice pour entretenir des réconciliations entre les membres de la communauté. C'est le chef ou le maestro de la danse qui, de par les pouvoirs qui sont les siens, intervient pour amadouer l'ambiance et évincer les conflits et les malentendus en réconciliant les membres qui seraient éventuellement en désaccord au sein de la communauté. A ce propos, un dicton de la région stipule que "Yuf raïs Lqadi" (littéralement: le raïs de la danse est bien plus efficace qu'un juge de tribunal).
Langue utilisée : La langue utilisée dans les expressions relatives aux différentes performances de Taskiwine est la Tamazighte. Bien que la danse soit essentiellement expressive et rythmique, elle comporte souvent à la fin du spectacle des moments de détentes où des hants de proses héoiques sont souvent échangées d'une manière improvisée. En outre, toutes les parties chorégraphiques de la danse portent chacune un nom spécifique. Ces noms se rapportent plus généralement au language des performances martiales et guerrières. La langue utilisée dans les expressions relatives aux différentes performances de Taskiwine est la Tamazighte. Bien que la danse soit essentiellement expressive et rythmique, elle comporte souvent à la fin du spectacle des moments de détentes où des hants de proses héoiques sont souvent échangées d'une manière improvisée. En outre, toutes les parties chorégraphiques de la danse portent chacune un nom spécifique. Ces noms se rapportent plus généralement au language des performances martiales et guerrières. La langue utilisée dans les expressions relatives aux différentes performances de Taskiwine est la Tamazighte. Bien que la danse soit essentiellement expressive et rythmique, elle comporte souvent à la fin du spectacle des moments de détentes où des hants de proses héoiques sont souvent échangées d'une manière improvisée. En outre, toutes les parties chorégraphiques de la danse portent chacune un nom spécifique. Ces noms se rapportent plus généralement au language des performances martiales et guerrières. La langue utilisée dans les expressions relatives aux différentes performances de Taskiwine est la Tamazighte. Bien que la danse soit essentiellement expressive et rythmique, elle comporte souvent à la fin du spectacle des moments de détentes où des hants de proses héoiques sont souvent échangées d'une manière improvisée. En outre, toutes les parties chorégraphiques de la danse portent chacune un nom spécifique. Ces noms se rapportent plus généralement au language des performances martiales et guerrières. La langue utilisée dans les expressions relatives aux différentes performances de Taskiwine est la Tamazighte. Bien que la danse soit essentiellement expressive et rythmique, elle comporte souvent à la fin du spectacle des moments de détentes où des hants de proses héoiques sont souvent échangées d'une manière improvisée. En outre, toutes les parties chorégraphiques de la danse portent chacune un nom spécifique. Ces noms se rapportent plus généralement au language des performances martiales et guerrières.
Origine perçue :

Les origines historiques de la danse de Taskiwin ne sont pas clairement identifiées. Les chroniqueurs relatent à ce propos diverses hypothèses la font parfois remonter à l'époque almoravide (Xème siècle), mais ces hypothèses s'accordent toutes à faire de cette danse ancestrale une expression chorégraphique complètement martiale et guerrière. L'histoire de la région corrobore en effet, cette explication car elle rapporte des épisodes interminables de confrontations entre les tribus de la région et entre celles-ci et les incursions venant de loin. Les communautés du Haut-Atlas occidental ont su traduire ces moments belliqueux à travers des expressions artistiques, aujourd'hui d'une grande valeur patrimoniale.

Personnes et institutions associées

Praticien(s) | Interprète(s) : Hommes et femmes des communautés du Haut-Atlas occidental. Par le passé, pratiquement, chaque village et chaque fraction du Haut-Atlas occidental possède sa propre troupe de danseurs de Taskiwine. Aujourd'hui, très peu de groupe continuent encore à jouer cette dans ancestrale, d'où l'intérêt à œuvrer pour la sauvegarder et la revitaliser par tout les moyen. A cet effet, un certain nombre d'association ont vu le jour parmi les jeunes d la région et qui ambitionnent de redonner à cette danse emblématique ses lettres de noblesse. Les danseurs sont constitués d'hommes mais aussi de femmes qui interviennent vers la fin de la danse. Cette étape s'appelle Asga et elle est caractérisée par des chants (amarg) évoquant les élans juvéniles ou relates l'héroïsme de la tribu.
Autres participants : Les artisans des éléments matériels associés à la danse de Taskiwine font également partie de la communauté des participants. Les accessoires matériels de la danses (costumes, instruments de musique) sont absolument nécessaires pour accomplir la chorégraphie Taskiwine dans les règles de l'art.
Modes de transmission :

La transmission de la dans Taskiwin aux jeunes générations s'effectue exclusivement par des procédés informels. Il s'agit en effet, d'un apprentissage direct au cours de la danse. Les grands maîtres font progressivement participer des jeunes pour que ces derniers apprennent à exécuter les différentes étapes de la danse sous le regard vigilent du raïs. La transmission de la dans Taskiwin aux jeunes générations s'effectue exclusivement par des procédés informels. Il s'agit en effet, d'un apprentissage direct au cours de la danse. Les grands maîtres font progressivement participer des jeunes pour que ces derniers apprennent à exécuter les différentes étapes de la danse sous le regard vigilent du raïs. 

Organisations concernées : Depuis peu, un certain nombre d'associations villageoises ont vu le jour par des initiatives menées essentiellement par des jeunes. Elles s'assignent comme leur objectif d'action la revitalisation de la danse Takiwine. Parmi ces associations, l'on cite notamment: • Association Targa-Aide • Association Al Amal Tourmate • Association Tajelt pour l'Art et le Patrimoine de Taskiwine • Association Moustakbal de Tigouliane pour le développement social culturel et sportif • Association Tagadirt pour le développement social, culturel, artistique et sportif • Association Toudane pour le patrimoine et les arts • Etc. Outre ces associations et bien d'autres encore, la région du Haut-Atlas occidental renferme quelques troupes traditionnelles qui continuent tant bien que mal à pratiquer la danse durant des occasions festives collectives.

État de l'élément : viabilité

Menaces pesant sur la pratique :

 

 

La pratique de la danse de Taskiwin encoure actuellement le danger de disparition sous l'effet d'un certain nombre de facteurs. Les effets néfastes de la mondialisation et de la globalisation sont, à ce niveau, bien évidents. Ceci se traduit plus particulièrement par le dénigrement affiché par les jeunes vis-à-vis des pratiques dites traditionnelles, y compris la danse ancestrale de Taskiwin. 

Menaces pesant sur la transmission :

Un plan de sauvegarde a été récemment élaboré dans le cadre de l'élaboration de la candidature de Taskiwin en vue de son éventuelle inscription sur la Liste de sauvegarde urgente de l'UNESCO. Il comporte un certain nombre de mesures qui escomptent la revitalisation de la danse de Taskiwn dans son territoire habituel, celui du Haut-Atlas occidental. Plusieurs associations nouvellement créées par les jeunes de la région adhèrent à ce plan en y contribution chacune selon ses moyens disponibles aussi bien matériel qu'en matière de ressources humaines. Une prise de conscience a été ainsi observée autour de l'ambition de revoir cette danse ancestrale retrouver ses lettres de noblesse de jadis.

En effet, dans les versants Nord et Sud du Haut-Atlas occidental, des troupes Taskawin se sont constituées et tentent de perpétuer cette danse qu’elles animent à diverses occasions. Dans ce cadre, il est envisagé de réaliser un film documentaire audio-visuel à la demande de pratiquants très âgés qui souhaitent ainsi par le biais de documentaire immortaliser  les gestes et la chorégraphie propres à Taskiwin et qui encourent de nos jours le risque de défiguration à la suite de l'introduction de nouvelles formes musicales.

Les associations villageoises œuvrant dans le domaine de la revitalisation de la dans de Taskiwin se sont mises d'accorde pour qu'elles s'unissent dans le cadre d'une fédération leur permettant dans l'avenir d'entreprendre des programmes conjoints et capitaliser ainsi sur les acquis déjà enregistrés relatifs à la sensibilisation des jeunes quant à l'importance culturelle, sociales et identitaire de la danse de Taskiwin dans le vaste territoire du Haut-Atlas occidental.

Le Ministère de la Culture, les élus et les autorités projettent d'entamer la célébration annuelle d'un festival national dédié aux arts de Taskiwin pour redonner à cette pratique la vitalité lui permettant à terme de regagner les pratiques artistiques et patrimoniales de la région. 

État de conservation

État général de conservation : Mauvais

Protection / Statut juridique

Type de protection : inventorié

Localisation

zones

Autres informations sur la localisation

  • Aire d'étude : Haut-Atlas occidental
  • La danse de Taskiwin est pratiquée essentiellement dans la région du Haut-Atlas occidental. On y cite plus particulièrement les tribus suivantes: - Seksawa - Irouhalane - Ait Hadi Ou Yous - Aghbar - Tigouga - Ida Ou Mahmoud - Ida Ou Msattog - Mentaga - Erguita - Etc.