Patrimoine immatériel

Calligraphie arabe: Savoir-faire, connaissances et pratiques(فنون الخط العربي: المهارات والمعارف والممارسات) idpcm:1DAA85

Calligraphie arabe: Savoir-faire, connaissances et pratiques

Communauté concernée : Arabe et Musulmane

 

La calligraphie arabe(الخط العربي),ou art de bien écrire, est considérée comme l'une des formes d'art les plus importantes dans le monde islamique depuis les origines. On la trouve sur tous types de supports : livres sacrés et profanes, mais aussi architectures, céramiques, métaux, bois, verres, etc. Alors que la calligraphie avait pour but originel d'améliorer les techniques d'écriture, afin de rendre l'écriture arabe claire et lisible, elle s'est progressivement complexifiée, et sa forme plastique a pris le pas sur le sens même de l'écrit.

Deux facteurs favorisèrent la diffusion et la systématisation de l'écriture de l'arabe : d'une part, la mise par écrit et la copie du Coran, peu de temps après la mort du Prophète, qui confère un caractère sacré à l'écriture arabe ; d'autre part, l'expansion géographique rapide de l'islam et la naissance d'un empire qui s’étend depuis l'Espagne jusqu'à l'Inde. D'autres usages permirent le développement de l'écriture de l'arabe au Moyen Âge, en particulier les activités marchandes, la transmission scientifique et l'art.

Au Xème siècle, une graphie propre au Maghreb et à l’Espagne musulmane apparaît : Al-khat al- maghribî. Elle se caractérise par son fin tracé, ses courbes généreuses et une notation différente de quelques lettres. Seule écriture utilisée durant plusieurs siècles, elle est supplantée par le naskhî oriental à l’avènement de l’imprimerie.

Du point de vue graphique, le Xème siècle marque une rupture entre l’Occident musulman (Maghreb et Espagne) et l’Orient. C'est vers 950 que des manuscrits profanes sont copiés dans une écriture à l’allure très spécifique : Al-khat al- maghribî. Bien que cette dénomination soit peu adaptée à l’arabe, cette écriture peut être rattachée au groupe des cursives, c'est à dire des écritures courantes.

Dès les premières années du XIème siècle, Al-khat al- maghribî apparaît dans des corans. Cette rapidité même contrarie l’explication traditionnelle qui reconnaît dans Al-khat al- maghribî une dérivation d’une écriture présentée autrefois sous le nom de "coufique" et qu’il paraît plus prudent d’appeler "écriture livresque abbasside". Al-khat al- maghribî s’est répandu dans le Maghreb alors que cette écriture ancienne était encore employée et il en a sans doute subi l’influence. Mais ses origines doivent plutôt être cherchées du côté d’écritures courantes, analogues à celles des papyrus documentaires des premiers siècles. Les chancelleries ont-elles servi de relais pour la diffusion de ces graphies dans l’espace maghrébin ? La disparition des archives ne permet pas de confirmer cette hypothèse.

À la différence des milieux orientaux, où l’art de l’écriture, tenu dans une estime particulière, précipite l’éclosion d’une véritable culture calligraphique, les maghrébins accordent moins d'attention à ces questions. Si des écoles calligraphiques ont existé occasionnellement, comme à Valence, l’organisation de l’enseignement et sa formalisation n’atteindront jamais un degré similaire à celui de l’Orient.

Al-khat al- maghribî possède pourtant un charme certain : les graphies sont diverses, mais généralement il a gardé les grandes catégories citant : al-Koufi al-maghribî, al-andalusî, al- mabsout, al-mojawhar, al-thuluth al-maghribî, al-mosnad.

Sur certains points, l’écriture du Maghreb est conservatrice : jusqu’à une date tardive, des formes archaïques de lettres se sont maintenues et, plus longtemps que dans d’autres parties du monde musulman, la couleur a été conservée pour noter la vocalisation du texte coranique.

Al-khat maghribî a distingué les livres provenant du Maghreb jusqu’à une époque récente. L’introduction de la lithographie au XIXème siècle a même donné une nouvelle vigueur à ce style spécifique. Son déclin actuel est en partie provoqué par la typographie, puis par l’informatique.

Avec ses règles et ses styles, la calligraphie arabe fait donc l’objet d’un enseignement très strict et rigoureux. En dehors des manuscrits, les inscriptions apparaissent aussi dans des compositions spécifiques, souvent en contexte sacré. Elles magnifient ainsi l’architecture, la céramique, mais aussi les arts du métal, du verre ou du textile. Des frises calligraphiques apparaissent sur ces différents supports, agrémentées d’ornements géométriques ou végétaux. Outre sa fonction utilitaire, la calligraphie assume un rôle décoratif qui souligne parfois une forte dimension symbolique. Aujourd’hui encore, les calligraphes contemporains continuent de faire évoluer cet art.

En plus de l'aspect historique, il est nécessaire de mettre en évidence les compétences, les connaissances et les savoir faires qui circulent dans les sociétés. Considérant que, les compétences et les techniques accumulées par les copistes et les décorateurs pendant des siècles doivent être inventoriées et documentées et mettre en évidence le développement des savoir faires artistiques et techniques qui a accompagné le développement le tracé géométrique de l’alphabet arabe dans les sociétés arabes entre l’Orient et l’Occident musulman. Surtout au niveau des supports d'écriture, les types de calligraphie, les outils d'écriture, les techniques de transcription, les types d'encres, les techniques, les compétences et les coutumes associées à l'enseignement et à l’apprentissage de la calligraphie, tout en mettant l’accent sur les nuances entre l’Orient et l’Occident musulman.

Il est donc important d’inventorier la calligraphie arabe en tant que patrimoine matériel et les savoirs et savoir-faire en tant que patrimoine immatériel authentique et ancestral et de les faire connaître à l’échelle national et mondial et d’en garantir la pérennité afin de les transmettre aux générations futures comme un témoignage du rôle culturel, social et économique qu’ils ont joué et qu’ils continuent à jouer depuis une longue histoire.

Chronologie

Datation par période unique : Islam
Commentaire libre : Epoque Islamique

Caractéristiques de l'élément

Éléments matériels associés : Manuscrits (المخطوطات) –Parchemin (الرق) - Papier (الورق) – Encrier (المحبرة، الدواة) – Encre (الحبر، المداد) – Plume, crayon, Calame (القلم) – Frise (الإفريز) – Epitaphe (شاهد القبر)
Éléments immatériels associés : La calligraphie arabe représente un symbole de l'identité arabe et islamique compte tenu de son esthétisme et ses différentes expressions qui touchent à l'artistique, au politique et au religieux. Les savants, les foqaha’, les copistes et le artistes ont développé au cours des siècles des traditions et des savoir faires liées aux supports et techniques de l’écriture arabe sociétés musulmanes
Langue utilisée : Arabe, amazigh.
Origine perçue :

La calligraphie arabe (الخط العربي), du verbe (خَطَّ، يَخُطُّ), qui veut dire (كتب أو رسم الحرف) : écrire ou tracer le squelette de la lettre –alphabet. La calligraphie arabe s’est développée dès l’avènement de l’Islam, au VIIème siècle. La diffusion et la systématisation de l'écriture de l'arabe  c’est fait grâce à la circulation des copies du Coran et l'expansion géographique rapide de l'islam, ainsi que la naissance d'une administration liée à l’empire qui s’étend depuis l'Espagne jusqu'à l'Inde. D'autres usages permirent le développement de l'écriture de l'arabe au Moyen Âge, en particulier les activités marchandes, la transmission scientifique et l'art.

A partir du Xème siècle, une graphie propre au Maghreb et à l’Espagne musulmane apparaît : Al-khat al- maghribî. Elle se caractérise par son fin tracé, ses courbes généreuses et une notation différente de quelques lettres.

Personnes et institutions associées

Praticien(s) | Interprète(s) : Etudiants, artistes, calligraphes, chercheurs, artisans, société civil, Savants, adeptes des Zaouïas,
Modes de transmission :

De plus en plus la jeune communauté des chercheurs et des artistes manifeste un attachement à ce patrimoine ancestral, qui constitue un aspect majeur de son identité culturelle; et elle montre une volonté de le pérenniser.

Les savoir- faire, les connaissances et les pratiques associées à la calligraphie arabe sont transmises de la même manière qu'auparavant par le biais de la relation entre l'enseignant et les étudiants ou le cheikh et ses disciples, à la fois dans les anciennes écoles et les Zaouïas. De nos jours les moyens ont évolué grâce à l'apprentissage de la calligraphie dans les écoles modernes, les instituts d'arts plastiques, les ateliers de formation animés par les artisans spécialisés en l'écriture sur divers supports : métal, plâtre, porcelaine, bois ...

Organisations concernées : Association Marocaine de la Calligraphie Arabe
Organisations autres : Association Marocaine Mémoire du Monde, Association des Lauréats de l’institut National des Science de l’Archéologie et du Patrimoine, Association Marocaine pour la Recherche Historique, Maison de l'Artisan

État de l'élément : viabilité

Menaces pesant sur la pratique :
 
Menaces pesant sur la transmission :

 

Disponibilité des éléments matériels et des ressources associés : Relativement disponibles
Viabilité des éléments matériels et immatériels associés : Moyenne
Mesures de sauvegardes existantes :

- Recensement et inventaire de l'élement :Calligraphie arabe: Savoir-faire, connaissances et pratiques, voir :

 

 

https://www.idpc.ma

la fiche d'inventaire de l'élément en question est consultable à travers le lien internet suivant:

 

http://www.idpc.ma/view/pc_immateriel/idpcm:1DAA85?doctype=pc_immateriel&f_type_protection=&searchfield=fulltext&q=calligraphie+arabe&quicksearch=OK&num=1

État de conservation

État général de conservation : Moyen

Protection / Statut juridique

Type de protection : inventorié
Commentaire libre : Date d'inventaire et d'entrée au système "https://www.idpc.ma": 09/04/2019.